{"id":2354,"date":"2024-12-18T11:09:14","date_gmt":"2024-12-18T10:09:14","guid":{"rendered":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/?p=2354"},"modified":"2024-11-16T11:51:44","modified_gmt":"2024-11-16T10:51:44","slug":"mediation-scientifique-trois-petits-points","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/mediation-scientifique-trois-petits-points\/","title":{"rendered":"M\u00e9diation scientifique : de la soci\u00e9t\u00e9 vers la science"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"wp-block-heading\">La m\u00e9diation scientifique : entre accessibilit\u00e9 et complexit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vulgarisation scientifique, d\u00e9finie comme les moyens et techniques mises en \u0153uvre pour rendre accessibles au plus grand nombre les connaissances issues de la recherche, semble a priori un objectif social et n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. C&rsquo;est d&rsquo;autant plus vrai que les techniques et pratiques, sociales ou technologiques, \u00e9voluent \u00e0 une telle vitesse qu&rsquo;elles creusent des foss\u00e9s dans nos \u00ab\u00a0performances \u00a0\u00bb quotidiennes  (Vie professionnelles avec l&rsquo;IA, vie sociales, mieux vivre, etc&#8230;). Cependant, cette d\u00e9marche soul\u00e8ve plusieurs paradoxes, qui font appel \u00e0 la recherche de plusieurs \u00ab\u00a0\u00e9quilibres\u00a0\u00bb : elle cherche \u00e0 simplifier sans trahir, \u00e0 inclure sans exclure, et \u00e0 \u00e9duquer sans infantiliser. Ces tensions refl\u00e8tent des enjeux profonds sur la place de la science dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le terme \u00ab m\u00e9diation scientifique \u00bb s\u2019impose aujourd\u2019hui comme une alternative n\u00e9cessaire \u00e0 \u00ab vulgarisation scientifique \u00bb. Ce dernier, issu du latin <em>vulgaris<\/em> signifiant \u00ab commun \u00bb ou \u00ab ordinaire \u00bb, v\u00e9hicule une connotation probl\u00e9matique : il sous-entend que ceux \u00e0 qui s&rsquo;adresse la science seraient \u00ab vulgaires \u00bb ou incapables d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un savoir complexe sans une simplification excessive. La m\u00e9diation, en revanche, met l\u2019accent sur l\u2019\u00e9change et le dialogue, valorisant la rencontre entre le savoir scientifique et le public comme un processus mutuellement enrichissant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, m\u00eame la m\u00e9diation scientifique souffre parfois d\u2019une asym\u00e9trie dans sa mise en \u0153uvre. Trop souvent, elle reste unidirectionnelle : les m\u00e9diateurs transmettent les savoirs, mais les publics sont rarement invit\u00e9s \u00e0 les questionner, les compl\u00e9ter ou \u00e0 contribuer \u00e0 leur \u00e9laboration. Cette approche limite les possibilit\u00e9s de dialogue et de co-construction, pourtant essentielles pour une v\u00e9ritable appropriation des connaissances.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation.png\" alt=\"mediation scientifique\" class=\"wp-image-2356\" srcset=\"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation.png 1024w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-300x300.png 300w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-150x150.png 150w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-768x768.png 768w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-96x96.png 96w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">John Durant, dans <em>Science and the Public<\/em> (1999), plaide pour une \u00ab science dialogique \u00bb, o\u00f9 les citoyens ne se contentent pas de recevoir les savoirs, mais participent activement \u00e0 leur construction. Les initiatives de sciences participatives, comme les <em>citizen science projects<\/em>, illustrent cette vision. Ces projets engagent les publics dans des activit\u00e9s concr\u00e8tes, telles que la collecte de donn\u00e9es ou l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;hypoth\u00e8ses. Bien que prometteuses, ces exp\u00e9riences restent encore marginales et exigent des efforts consid\u00e9rables de coordination et d\u2019organisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour d\u00e9passer ces limites, il est pertinent de s\u2019inspirer de pratiques collaboratives historiques, comme la <em>disputatio<\/em> pratiqu\u00e9e dans les universit\u00e9s m\u00e9di\u00e9vales. Cette m\u00e9thode rassemblait enseignants, \u00e9tudiants et experts autour de d\u00e9bats structur\u00e9s pour r\u00e9soudre collectivement des probl\u00e8mes complexes. Aujourd&rsquo;hui, les outils num\u00e9riques offrent la possibilit\u00e9 de r\u00e9inventer ce mod\u00e8le. En cr\u00e9ant des espaces num\u00e9riques collaboratifs, il devient possible de r\u00e9unir chercheurs, m\u00e9diateurs et citoyens dans une dynamique d\u2019\u00e9change horizontal. Ces espaces permettent une co-construction v\u00e9ritable, o\u00f9 les savoirs scientifiques deviennent accessibles, enrichis et transform\u00e9s par les contributions de chacun.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, la m\u00e9diation scientifique, d\u00e9barrass\u00e9e des limites d&rsquo;une vision descendante, peut devenir un outil puissant pour r\u00e9concilier science et soci\u00e9t\u00e9 tout en renfor\u00e7ant le r\u00f4le actif des citoyens dans la production des savoirs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9diation scientifique : Simplifier sans D\u00e9former<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9diation scientifique vise \u00e0 faire lien entre ceux qui construisent la science et ceux qui cherchent \u00e0 mieux l&rsquo;appr\u00e9hender. Cette dynamique repose sur une tension fondamentale : comment transmettre des concepts complexes sans les d\u00e9naturer ? Comme l\u2019a not\u00e9 le philosophe Michel Serres, \u00ab simplifier est n\u00e9cessaire pour transmettre, mais trop simplifier, c&rsquo;est risquer de d\u00e9former le contenu original \u00bb (<em>La Communication<\/em>, 1992). Ce paradoxe est au c\u0153ur de la critique selon laquelle la vulgarisation, en cherchant \u00e0 rendre les connaissances accessibles, peut compromettre leur rigueur scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un exemple bien document\u00e9 est celui de la vulgarisation des th\u00e9ories physiques modernes. Des concepts comme la relativit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ou la m\u00e9canique quantique sont souvent traduits en m\u00e9taphores ou analogies, comme l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0tissu de l\u2019espace-temps\u00a0\u00bb pour d\u00e9crire la gravit\u00e9. Or, ces simplifications, bien qu\u2019efficaces sur le plan p\u00e9dagogique, ne rendent pas compte de la complexit\u00e9 math\u00e9matique et des implications conceptuelles de ces th\u00e9ories. Selon Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond, \u00ab la vulgarisation tend \u00e0 privil\u00e9gier les effets de fascination sur la transmission des m\u00e9thodes scientifiques \u00bb (<em>La Science en mal de culture<\/em>, 1996).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/diotime.lafabriquephilosophique.be\/numeros\/084\/017\/\">D\u00e9couvrir la disputatio<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-2.png\" alt=\"m\u00e9diation scientifique\" class=\"wp-image-2357\"\/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quel \u00e9quilibre ? Inclure sans exclure<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9diation est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme un outil d\u00e9mocratique visant \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au savoir. Pourtant, des \u00e9tudes empiriques, comme celle de Tichenor, Donohue et Olien (1970), ont montr\u00e9 que la diffusion des savoirs scientifiques tend \u00e0 renforcer les disparit\u00e9s pr\u00e9existantes, un ph\u00e9nom\u00e8ne connu sous le nom de <em>knowledge gap hypothesis<\/em>. Cette th\u00e9orie stipule que les individus ayant un capital culturel et \u00e9ducatif \u00e9lev\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient davantage de la vulgarisation scientifique que ceux issus de milieux moins favoris\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par exemple, la consommation de contenus scientifiques via des plateformes comme YouTube ou des conf\u00e9rences TED attire principalement un public d\u00e9j\u00e0 sensibilis\u00e9 \u00e0 ces questions. Ainsi, loin de r\u00e9duire les \u00e9carts, la vulgarisation peut parfois renforcer l\u2019entre-soi intellectuel. Comme l\u2019ont soulign\u00e9 Bucchi et Trench dans <em>Science Communication Research<\/em> (2014), \u00ab la vulgarisation actuelle s\u2019adresse trop souvent \u00e0 un public acquis, laissant de c\u00f4t\u00e9 ceux qui auraient le plus \u00e0 en b\u00e9n\u00e9ficier \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Troisi\u00e8me \u00e9quilibre : \u00e9duquer sans infantiliser<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un autre dilemme majeur r\u00e9side dans la mani\u00e8re dont la vulgarisation cherche \u00e0 rendre le savoir attractif. Pour capter l\u2019attention, les vulgarisateurs recourent souvent \u00e0 des formats divertissants, comme les vid\u00e9os humoristiques ou les bandes dessin\u00e9es. Cependant, cette approche peut donner une image biais\u00e9e de la science, la r\u00e9duisant \u00e0 des anecdotes ou des faits spectaculaires. Comme l\u2019a observ\u00e9 Dominique Brossard, sp\u00e9cialiste en communication scientifique, \u00ab la recherche scientifique est rarement lin\u00e9aire ou sensationnelle, mais la vulgarisation tend \u00e0 gommer ces aspects pour s\u00e9duire \u00bb (<em>Public Understanding of Science<\/em>, 2009). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce paradoxe est particuli\u00e8rement visible dans les d\u00e9bats autour de la vulgarisation des sciences climatiques. Les campagnes de sensibilisation simplifient souvent les donn\u00e9es complexes sur le changement climatique pour susciter l\u2019\u00e9motion et l\u2019action. Bien que cela soit efficace \u00e0 court terme, cette strat\u00e9gie risque de cr\u00e9er une d\u00e9sillusion lorsque les solutions apparaissent plus compliqu\u00e9es qu\u2019annonc\u00e9, un ph\u00e9nom\u00e8ne document\u00e9 par O\u2019Neill et Hulme dans <em>Climate Change Communication<\/em> (2009).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez Trois Petits Points, nous d\u00e9fendons l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une m\u00e9diation scientifique \u00e0 plusieurs \u00e9tages, les formats ne s&rsquo;excluant pas les uns les autres : une recherche doit \u00eatre vulgaris\u00e9e plusieurs fois, et doit poss\u00e9der plusieurs grilles de lecture correspondant \u00e0 plusieurs publics cibles. Une lecture \u00e0 deux niveaux pour les bande-dessin\u00e9es notamment, est souvent r\u00e9alisable.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3.png\" alt=\"m\u00e9diation scientifique\" class=\"wp-image-2358\" srcset=\"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3.png 1024w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3-300x300.png 300w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3-150x150.png 150w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3-768x768.png 768w, https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/mediation-3-96x96.png 96w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand la science conteste l&rsquo;utilit\u00e9 de la m\u00e9diation<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9diation scientifique est parfois per\u00e7ue par les scientifiques comme une t\u00e2che annexe, moins prestigieuse que la recherche elle-m\u00eame. Cette vision a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e par des sociologues des sciences comme Bruno Latour, qui soutient que \u00ab la science se construit aussi dans son dialogue avec la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb (<em>La science en action<\/em>, 1987). En obligeant les chercheurs \u00e0 reformuler leurs id\u00e9es dans un langage clair, la vulgarisation joue un r\u00f4le crucial dans la clarification des concepts et l\u2019\u00e9mergence de nouvelles perspectives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 cela, la reconnaissance institutionnelle de ces activit\u00e9s reste faible. Une \u00e9tude men\u00e9e par Joubert et Guenther (2017) sur les attitudes des scientifiques envers la vulgarisation a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que seulement 20 % des chercheurs consid\u00e8rent cette t\u00e2che comme centrale \u00e0 leur m\u00e9tier, tandis que la majorit\u00e9 la voit comme un luxe r\u00e9serv\u00e9 aux moments de disponibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pourrait tout \u00e0 fait imaginer une science que personne ne comprend, \u00e0 la mani\u00e8re dont elle est d\u00e9crite chez Isaac Asimov dans \u00ab\u00a0Fondation\u00a0\u00bb. Une \u00ab\u00a0science-magie\u00a0\u00bb, qui diffuse des usages et des pratiques, sans que la population qui l&rsquo;utilise ne voit les \u00e9tapes qui m\u00e8nent \u00e0 ces usages. Mais dans le roman en question, les d\u00e9rives de cette \u00ab\u00a0science-magie\u00a0\u00bb sont magnifiquement explicit\u00e9s : tyrannie, d\u00e9sinformation, construction de \u00ab\u00a0classes sachantes\u00a0\u00bb, etc : si nul ne sait d&rsquo;o\u00f9 viennent les usages de la science, nul ne peut se l&rsquo;approprier, nul ne peut la \u00ab\u00a0contredire\u00a0\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;agit donc pour \u00e9viter que la science ne devienne magie de valoriser la valorisation !<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">\u00c9quilibre des savoirs : pour une nouvelle disputatio<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, la vulgarisation aspire \u00e0 \u00e9tablir un pont entre science et soci\u00e9t\u00e9, mais elle reste souvent unidirectionnelle. Le public est invit\u00e9 \u00e0 comprendre les savoirs, mais rarement \u00e0 les questionner ou \u00e0 contribuer \u00e0 leur \u00e9laboration. Cette asym\u00e9trie a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e par les d\u00e9fenseurs d\u2019une approche participative, comme John Durant, qui pr\u00f4ne une \u00ab science dialogique \u00bb o\u00f9 les citoyens jouent un r\u00f4le actif dans la production de savoirs (<em>Science and the Public<\/em>, 1999).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des exp\u00e9riences comme les <em>citizen science projects<\/em> (projets de science participative) montrent qu\u2019il est possible de d\u00e9passer ce paradoxe en impliquant les publics dans la collecte de donn\u00e9es ou l\u2019\u00e9laboration d\u2019hypoth\u00e8ses. Cependant, ces initiatives restent marginales et n\u00e9cessitent des efforts consid\u00e9rables de coordination.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est la raison pour laquelle chez Trois Petits Points, nous mettons en place une application de co-construction horizontale, inspir\u00e9e de la \u00ab\u00a0disputatio\u00a0\u00bb. Cette pratique du moyen-age instaur\u00e9e dans les universit\u00e9s pourrait \u00eatre remise au go\u00fbt du jour gr\u00e2ce \u00e0 des pratiques num\u00e9riques. AU XII\u00e8me si\u00e8cle, dans les universit\u00e9s de renom, se pratiquait la disputatio : experts, professeurs, m\u00e9diateurs et apprenants, sont invit\u00e9s \u00e0 travailler collectivement sur la r\u00e9solution de probl\u00e8mes scientifiques, de mani\u00e8re horizontale et participative. L&rsquo;application sur laquelle nous travaillons actuellement permet de construire un espace num\u00e9rique vertical, dans lequel les trois cat\u00e9gories d&rsquo;acteurs co-construisent des probl\u00e9matiques et des arguments de mani\u00e8re \u00e9galitaire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une pratique \u00e0 double sens<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9diation scientifique est travers\u00e9e de paradoxes qui refl\u00e8tent des tensions inh\u00e9rentes \u00e0 son objectif : rendre la science universelle tout en respectant sa complexit\u00e9. Si ces paradoxes soulignent ses limites, ils ne diminuent en rien son importance dans une soci\u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des d\u00e9fis globaux. Au contraire, ils invitent \u00e0 repenser ses m\u00e9thodes, en int\u00e9grant des approches plus inclusives et participatives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme l\u2019a r\u00e9sum\u00e9 Alan Irwin dans <em>Citizen Science: A Study of People, Expertise, and Sustainable Development<\/em> (1995), \u00ab la science ne peut se contenter de parler ; elle doit apprendre \u00e0 \u00e9couter \u00bb. Dans cette perspective, la m\u00e9diation n\u2019est pas seulement un outil de transmission, mais une opportunit\u00e9 de r\u00e9inventer les relations entre savoir et soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne s&rsquo;agit donc pas seulement de construire des outils de m\u00e9diation scientifiques lin\u00e9aires, qui vont de la science vers la soci\u00e9t\u00e9, mais de penser ensemble des outils qui permettent de suivre le chemin inverse : de la soci\u00e9t\u00e9&#8230; vers la science !<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Sources Citables :<\/h3>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Tichenor, P. J., Donohue, G. A., &amp; Olien, C. N. (1970). <em>Mass Media Flow and Differential Growth in Knowledge<\/em>. Public Opinion Quarterly.<\/li>\n\n\n\n<li>Bucchi, M., &amp; Trench, B. (2014). <em>Science Communication Research<\/em>. London: Routledge.<\/li>\n\n\n\n<li>Latour, B. (1987). <em>Science in Action<\/em>. Harvard University Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Joubert, M., &amp; Guenther, L. (2017). <em>Attitudes Toward Science Communication Among Scientists<\/em>. Science Communication.<\/li>\n\n\n\n<li>Irwin, A. (1995). <em>Citizen Science: A Study of People, Expertise, and Sustainable Development<\/em>. Routledge.<\/li>\n\n\n\n<li>Jurdant Baudouin, Enjeux et paradoxes de la vulgarisation scientifique, 1996<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La m\u00e9diation scientifique doit privil\u00e9gier le dialogue et l&rsquo;inclusion, d\u00e9passant la connotation unilat\u00e9rale de la vulgarisation.  <\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":2355,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[463,605],"tags":[341,381,271],"class_list":["post-2354","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-valorisation-de-la-recherche","tag-mediation-scientifique","tag-philo","tag-vulgarisation-scientifique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2354","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2354"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2354\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2522,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2354\/revisions\/2522"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2354"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2354"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/valo.troispetitspoints.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2354"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}