Contre les feux de forêt : le pastoralisme

Pourquoi le pastoralisme pourrait être l’une des meilleures armes contre les feux de forêt

Et si, pour lutter contre les incendies, il fallait commencer par remettre des moutons dans les forêts ?

Chaque été, les mêmes images reviennent : des colonnes de fumée, des hectares de forêt qui disparaissent, des canadairs, des pompiers mobilisés pendant plusieurs jours et des paysages transformés en quelques heures.

Face au risque croissant d’incendies, la réponse paraît souvent évidente : surveiller davantage, construire des pistes, installer des points d’eau, débroussailler, renforcer les moyens de lutte contre le feu.

Ces dispositifs sont indispensables. Mais ils interviennent principalement dans un système où le combustible est déjà présent.

Or un incendie ne dépend pas seulement de la présence d’une étincelle. Pour qu’un feu se développe rapidement, il faut aussi du combustible, de l’oxygène et des conditions météorologiques favorables. Lorsque la végétation sèche s’accumule, lorsque les arbustes colonisent les espaces ouverts et lorsque les différents étages de végétation deviennent continus, le paysage devient beaucoup plus facilement inflammable.

C’est précisément sur ce premier élément que le pastoralisme peut agir.

En mangeant l’herbe, les jeunes pousses, les broussailles et, selon les espèces, une partie des végétaux ligneux, les troupeaux réduisent la quantité de biomasse susceptible de brûler. Mais surtout, ils peuvent modifier la structure de cette végétation et créer des espaces moins continus.

Autrement dit : les animaux ne combattent pas le feu. Ils peuvent contribuer à empêcher le feu de devenir un incendie incontrôlable.

Le feu ne brûle pas une forêt : il brûle un combustible

Pour comprendre l’intérêt du pastoralisme, il faut d’abord comprendre ce qu’est réellement un feu de végétation.

Une forêt n’est pas un combustible homogène. Elle est constituée de différentes couches : herbes, feuilles mortes, litière, petits arbustes, branches, troncs et houppiers.

Le comportement du feu dépend notamment de la quantité de matière combustible disponible, de son humidité, de sa taille, de sa disposition et de sa continuité.

Les chercheurs parlent notamment de « charge en combustible ». Plus cette charge est importante, plus la quantité d’énergie susceptible d’être libérée lors de la combustion peut être élevée.

Mais la quantité ne suffit pas.

La structure du combustible est également déterminante.

Une végétation très dense peut favoriser la propagation du feu de manière horizontale. Des arbustes continus peuvent également permettre aux flammes de passer progressivement d’une strate à une autre. Lorsque les végétaux bas sont connectés aux arbustes puis aux branches basses des arbres, le feu peut « monter » dans la végétation et atteindre les houppiers.

Cette continuité verticale est particulièrement importante car un feu de houppier peut se propager beaucoup plus rapidement et devenir extrêmement difficile à combattre.

C’est là que le pâturage devient intéressant : il ne se contente pas de retirer de la biomasse. Il peut modifier la géométrie du combustible.

Le troupeau transforme physiquement le paysage

Une brebis ne fait évidemment pas du débroussaillage au sens mécanique du terme.

Pourtant, à l’échelle de plusieurs hectares et sur plusieurs années, un troupeau peut exercer une pression considérable sur la végétation.

Les moutons consomment principalement les végétations herbacées et certaines jeunes pousses. Les chèvres, grâce à leur comportement alimentaire plus orienté vers les ligneux et leur capacité à consommer des arbustes, peuvent intervenir sur des végétations différentes.

Les bovins peuvent également jouer un rôle important dans certains systèmes pastoraux.

Le choix de l’espèce est donc déterminant.

Il ne suffit pas de « mettre des animaux dans une forêt ». Il faut déterminer quelles espèces peuvent consommer la végétation présente, à quelle période, pendant combien de temps et avec quelle intensité.

C’est ce que les scientifiques et les gestionnaires appellent le pâturage dirigé ou pâturage ciblé.

L’objectif n’est pas de faire pâturer partout.

Il s’agit au contraire de positionner les troupeaux là où leur action peut avoir le plus d’effet sur le risque incendie : interfaces forêt-habitat, coupures de combustible, zones embroussaillées, abords de pistes DFCI, espaces agricoles en déprise ou secteurs stratégiques permettant de ralentir la propagation d’un éventuel incendie.

Des recherches menées en Andalousie ont ainsi montré que des troupeaux de moutons et de chèvres pouvaient effectivement réduire la charge en combustible dans des coupures de combustible destinées à la prévention des incendies. L’efficacité dépend toutefois fortement de la structure de la végétation et notamment du volume des arbustes.

La vraie force du pastoralisme : casser la continuité du combustible

C’est probablement l’un des points les plus importants.

Une végétation inflammable n’est pas forcément dangereuse si elle est suffisamment fragmentée.

Imaginez deux paysages contenant exactement la même quantité de végétation.

Dans le premier, cette végétation forme une masse continue : herbes sèches, buissons, arbustes puis arbres.

Dans le second, elle est organisée en une mosaïque de zones pâturées, de prairies, de cultures, de boisements et de zones arbustives.

Le feu n’a pas le même comportement dans les deux paysages.

Dans le premier cas, il peut trouver continuellement de quoi avancer.

Dans le second, il rencontre régulièrement des zones moins combustibles.

C’est le principe des coupures de combustible utilisées dans la Défense des forêts contre les incendies (DFCI).

Le pastoralisme peut donc devenir une manière vivante d’entretenir certaines de ces coupures.

Au lieu de remplacer périodiquement la végétation par une intervention mécanique, on utilise un processus biologique : l’animal prélève continuellement une partie de la biomasse.

Cette action peut être répétée année après année.

Et elle produit simultanément de la nourriture pour l’animal.

Quand l’abandon des terres augmente le risque incendie

Le retour du pastoralisme est d’autant plus intéressant qu’il répond à une transformation profonde des paysages ruraux européens : la déprise agricole.

Lorsque l’élevage extensif disparaît, certaines parcelles cessent d’être pâturées.

Les prairies se ferment progressivement.

Les arbustes colonisent les espaces ouverts.

Les jeunes arbres apparaissent.

Puis les différentes strates végétales se rapprochent.

Ce processus n’est pas nécessairement négatif pour la biodiversité : un paysage en mosaïque peut être extrêmement riche.

Le problème apparaît lorsque l’homogénéisation et la fermeture du paysage deviennent importantes et que la biomasse combustible s’accumule.

Des travaux menés dans les régions méditerranéennes ont précisément mis en évidence cette relation entre abandon des terres, accumulation de biomasse et augmentation du risque incendie. Une étude consacrée à la région d’Athènes a notamment observé qu’au recul du pastoralisme et de l’élevage nomade pouvait correspondre une augmentation du risque liée à l’accumulation de combustible dans les espaces périurbains.

Le phénomène est particulièrement important dans les régions où l’agriculture et l’élevage ont historiquement contribué à maintenir une mosaïque de milieux ouverts.

Le paysage que nous considérons aujourd’hui comme « naturel » est souvent, en réalité, le produit de plusieurs siècles d’interactions entre végétation, incendies, agriculture, élevage et activités humaines.

Le pastoralisme comme « débroussailleuse biologique »

L’expression peut sembler simpliste, mais elle permet de comprendre le principe.

Une débroussailleuse mécanique coupe la végétation.

Un troupeau la prélève.

La différence est considérable.

Dans le premier cas, la biomasse coupée reste souvent sur place avant d’être évacuée ou se décompose progressivement.

Dans le second, une partie de cette biomasse est consommée et transformée par l’animal.

Le troupeau produit alors de la matière alimentaire, du fumier et, dans le cadre d’une activité agricole viable, des produits alimentaires commercialisables.

Le service environnemental est donc associé à une activité économique.

C’est l’une des particularités fondamentales du pastoralisme : la prévention du risque incendie n’est pas nécessairement une activité séparée de l’économie du territoire.

Elle peut être une conséquence directe d’une activité agricole.

Des résultats scientifiques qui dépassent le simple constat

L’idée n’est donc pas uniquement fondée sur l’observation empirique des paysages.

Elle fait l’objet de travaux scientifiques depuis plusieurs décennies.

Une étude menée en Espagne sur plus de 2 000 hectares de coupures de combustible pâturées a montré que les troupeaux ovins et caprins étaient capables de réduire la charge en combustible. Les chercheurs ont également montré que l’efficacité du pâturage dépendait de caractéristiques locales, notamment du volume des arbustes.

En Espagne toujours, des travaux menés dans la région de La Rioja ont étudié une stratégie combinant débroussaillement et élevage extensif. Les résultats montrent une diminution de la biomasse combustible et une réduction des surfaces et du nombre d’incendies dans les secteurs concernés, avec en parallèle la création de paysages plus hétérogènes.

Une méta-analyse publiée en 2023, portant sur plusieurs dizaines d’interventions de pâturage dans les paysages méditerranéens, conclut également que le pâturage est généralement efficace pour la prévention des incendies. Elle souligne toutefois que les bénéfices peuvent diminuer lorsque le pâturage n’est pas maintenu et que des niveaux de pâturage trop élevés peuvent avoir des effets négatifs sur la biodiversité et les sols.

Cette dernière précision est essentielle.

Le message scientifique n’est pas « plus il y a de moutons, mieux c’est ».

C’est exactement l’inverse.

Il faut le bon animal, au bon endroit, au bon moment et avec la bonne pression de pâturage.

Le pâturage ne doit surtout pas devenir du surpâturage

Le pastoralisme est efficace lorsqu’il maintient un équilibre.

Trop peu de pâturage : la végétation ligneuse progresse, la biomasse s’accumule et le risque peut augmenter.

Trop de pâturage : les sols peuvent se dégrader, certaines espèces végétales disparaître et la biodiversité diminuer.

Le pâturage est donc un outil de gestion écologique, pas une solution automatique.

Une revue récente portant sur l’utilisation des herbivores domestiques pour la gestion des paysages méditerranéens montre justement ce double effet : le pâturage peut être efficace pour la prévention des incendies, mais ses effets positifs peuvent diminuer avec le temps et un pâturage trop intensif peut avoir des conséquences négatives sur la conservation de la biodiversité.

Le véritable enjeu est donc de passer d’une logique de « quantité d’animaux » à une logique de gestion du territoire.

Le changement climatique rend cette question encore plus importante

Le changement climatique modifie profondément le problème.

Une température élevée augmente l’évapotranspiration.

Les sols s’assèchent.

Les végétaux perdent davantage d’eau.

Les épisodes de sécheresse peuvent se prolonger.

Et les périodes pendant lesquelles les conditions météorologiques permettent aux incendies de se développer peuvent s’allonger.

En France, le risque incendie ne concerne d’ailleurs plus uniquement les régions méditerranéennes. L’ONF souligne son extension géographique et rappelle que l’été 2022, avec environ 60 700 hectares brûlés, a constitué un signal particulièrement important.

INRAE souligne également que le changement climatique, associé à l’évolution des usages des territoires, augmente le risque et étend les zones potentiellement concernées par les incendies.

Dans ce contexte, attendre l’été pour intervenir est insuffisant.

La prévention doit commencer plusieurs mois, voire plusieurs années avant le départ du feu.

Et cela signifie notamment gérer le combustible.

Le pastoralisme agit avant que le feu n’arrive

C’est peut-être sa principale force.

Les pompiers interviennent lorsque le feu existe.

Les canadairs interviennent lorsque le feu existe.

Les pistes DFCI sont conçues pour permettre aux secours d’accéder au feu et pour faciliter les opérations.

Les citernes permettent de disposer d’eau.

La surveillance permet de détecter plus rapidement les départs.

Toutes ces actions sont indispensables.

Mais le pâturage intervient à un autre niveau.

Il agit sur le territoire avant l’incendie.

Il cherche à rendre le paysage moins favorable à la propagation du feu.

C’est une différence fondamentale.

La DFCI moderne repose d’ailleurs sur plusieurs niveaux de prévention : équipements, surveillance, gestion de la végétation, réglementation et organisation des secours. L’ONF rappelle que la prévention constitue l’un des trois grands axes de la DFCI, aux côtés de la lutte et de la gestion post-incendie.

Le pastoralisme doit donc être considéré comme un outil supplémentaire de cette stratégie, et non comme un remplacement des pompiers ou des infrastructures.

Une coupure de combustible qui se régénère chaque année

Il existe une autre différence intéressante entre une intervention ponctuelle et le pâturage.

Une végétation coupée repousse.

Une zone débroussaillée peut rapidement se recoloniser.

Le pastoralisme, lui, peut maintenir dans la durée une pression sur la végétation.

À condition que l’élevage soit économiquement viable.

C’est ici que la question du feu rejoint celle de l’agriculture.

Sauver le pastoralisme ne consiste pas seulement à préserver une activité traditionnelle ou un patrimoine culturel.

Cela peut aussi signifier conserver des personnes, des animaux et des pratiques capables d’entretenir des territoires difficiles à gérer uniquement avec des moyens mécaniques.

En France, le pastoralisme représente aujourd’hui environ 2,2 millions d’hectares et concerne environ 22 % du cheptel national selon les données présentées par INRAE. L’institut souligne également son rôle dans la limitation de l’enfrichement et la prévention de certains risques naturels, notamment les incendies.

Et les arbres dans tout ça ?

Dire que le pastoralisme peut prévenir les incendies ne signifie évidemment pas qu’il faut supprimer les forêts.

L’objectif n’est pas de transformer tous les massifs forestiers en pâturages.

La forêt est un écosystème complexe qui stocke du carbone, abrite une biodiversité importante, protège les sols et participe au cycle de l’eau.

Le problème est ailleurs : comment organiser les territoires pour éviter que des paysages extrêmement inflammables forment une continuité gigantesque entre les zones habitées, les cultures, les friches et les massifs forestiers ?

C’est là que la notion de mosaïque paysagère devient essentielle.

Prairies.

Cultures.

Vergers.

Landes.

Bosquets.

Forêts.

Zones pâturées.

Zones humides.

Ces différents milieux peuvent former un paysage plus hétérogène.

Or cette hétérogénéité peut constituer un obstacle à la propagation rapide du feu.

Des travaux scientifiques montrent justement que l’élevage extensif, lorsqu’il est intégré à une gestion globale des territoires, contribue à créer cette diversité spatiale.

Il ne faut pas seulement sauver les forêts : il faut sauver les paysages

C’est probablement le changement de regard le plus important.

On parle beaucoup de « défense des forêts contre les incendies ».

Mais certains des territoires les plus stratégiques pour ralentir un incendie ne sont pas nécessairement des forêts.

Ce peuvent être des prairies.

Des pâturages.

Des vergers.

Des espaces agricoles.

Des zones ouvertes entre deux massifs.

Des interfaces entre habitat et végétation.

Autrement dit, la prévention des grands incendies est aussi une question d’aménagement du territoire.

Et le pastoralisme peut participer à cet aménagement.

Dans le Périgord Noir, les expériences menées depuis 2011 à Campagnac et Saint-Pompon illustrent cette logique : le pâturage a été utilisé pour restaurer des secteurs embroussaillés et maintenir des espaces ouverts. Cette expérience constitue l’un des points de départ présentés dans notre article consacré au pastoralisme.

Et si les moutons devenaient des auxiliaires de la DFCI ?

Il faut donc changer légèrement notre manière de regarder un troupeau.

Un troupeau n’est pas seulement une unité de production agricole.

Dans certains territoires, il peut également fournir un service écologique.

Les animaux entretiennent des espaces ouverts.

Ils réduisent la biomasse combustible.

Ils participent à la création de discontinuités végétales.

Ils contribuent à limiter l’embroussaillement.

Et ils peuvent maintenir des activités humaines dans des zones où l’abandon agricole favoriserait progressivement la fermeture des paysages.

Cette approche correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui les services écosystémiques : des fonctions produites par les écosystèmes ou les pratiques de gestion dont bénéficient les sociétés humaines.

Le pastoralisme produit ainsi simultanément des aliments, de l’activité économique, de la biodiversité et, dans certaines conditions, un service de prévention des incendies.

Mais attention à ne pas chercher une solution miracle

Le pastoralisme ne supprimera jamais le risque incendie.

Un épisode de sécheresse extrême accompagné de vents violents peut permettre à un incendie de franchir une zone pâturée.

Un feu peut parcourir de grandes distances par projection de brandons.

Les incendies les plus intenses peuvent dépasser largement les capacités d’une coupure de combustible.

Et le pâturage n’est pas adapté à tous les milieux.

Il faut également tenir compte de la santé des animaux, de la disponibilité en eau, de la saisonnalité des ressources, de la biodiversité, de la capacité de charge des parcours et de la rémunération des éleveurs.

Les recherches récentes sur la combinaison entre feu et pâturage montrent d’ailleurs que les effets dépendent fortement du type de végétation, de la saison et de l’intensité de gestion. Une étude expérimentale publiée en 2026 montre que la combinaison entre brûlage dirigé et pâturage peut réduire la charge en combustible, mais que les résultats varient selon les espèces végétales et les périodes de l’année.

La science ne dit donc pas : « mettons des moutons partout ».

Elle dit quelque chose de plus intéressant : « utilisons les herbivores là où leur action permet de modifier durablement la structure du combustible ».

Une stratégie qui associe science, agriculture et prévention

La véritable révolution serait peut-être de ne plus considérer le pastoralisme comme une activité périphérique de l’aménagement rural.

Dans les territoires exposés au risque incendie, les éleveurs pourraient être considérés comme de véritables acteurs de la prévention.

Cela implique de mieux identifier les secteurs prioritaires.

De cartographier la végétation combustible.

De déterminer quelles espèces animales sont adaptées.

De définir les périodes et les intensités de pâturage.

De suivre l’évolution de la biomasse.

Et surtout de financer le service rendu.

Car il existe une contradiction économique majeure : la société demande aux éleveurs d’entretenir des espaces dont la valeur agricole directe peut être faible, tout en bénéficiant collectivement de cette gestion.

Si l’on considère que le pâturage participe à la prévention des incendies, alors cette fonction doit pouvoir être reconnue et rémunérée.

La meilleure arme contre les incendies n’est peut-être pas une machine

Face aux incendies géants, notre réflexe est souvent technologique.

Plus de canadairs.

Plus de camions.

Plus de drones.

Plus de satellites.

Plus de pistes.

Plus de données.

Toutes ces technologies sont utiles.

Mais elles interviennent dans un paysage donné.

Or nous pouvons également modifier ce paysage.

Un troupeau n’est pas spectaculaire.

Il ne produit pas de fumée blanche dans le ciel.

Il ne fait pas de bruit de moteur.

Il ne donne pas l’impression d’une technologie de pointe.

Pourtant, plusieurs dizaines ou centaines d’animaux se déplaçant chaque année sur un territoire peuvent modifier progressivement sa végétation, sa structure et donc son comportement face au feu.

C’est une prévention lente.

Une prévention biologique.

Une prévention territoriale.

Et peut-être précisément pour cela une prévention particulièrement intéressante.

Le pastoralisme n’est donc pas « la solution » aux incendies.

Mais dans un contexte de changement climatique, de sécheresses plus fréquentes et d’abandon de certaines terres agricoles, il pourrait devenir l’une des armes les plus efficaces dont nous disposons pour agir sur le combustible avant que les flammes n’apparaissent.

La question n’est finalement peut-être pas de savoir comment faire disparaître les troupeaux des espaces naturels.

Mais plutôt de savoir comment les réintégrer intelligemment dans les stratégies de prévention des incendies.

Parce qu’avant de combattre le feu, il faut parfois commencer par changer ce qu’il peut brûler.

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